«La transhumance extraordinaire des Bakhtyâri » – Ciné concert

Musicien, compositeur, interprète,  Joan Melchior Claret propose une musique inspirée par le film « Grass, a nation’s battle for life » de Meriam C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (Les réalisateurs de King Kong en 1933). Film noir et blanc muet de 1925, 70 mn. (Grass figure parmi les films ethnographiques les plus importants du XXème siècle).

Ce spectacle de 1h 10 s’adresse dès 7 ans, aux amateurs de musique classique d’aujourd’hui, de cinéma muet, d’ethnographie et d’exploits humains.
Le film relate la transhumance mouvementée et spectaculaire des bergers nomades bakhtyâri à travers les monts Zagros (Iran) en 1925.
Deux cent mille hommes, femmes, enfants et animaux marchent sans relâche pendant des semaines, gravissent nus pieds des montagnes enneigées à 4500 mètres, traversent fleuves et rivières à la nage ou en radeau… Des images époustouflantes relatant un combat pour la vie. Un document unique sur les modes de vie d’un autre temps et d’une autre culture.
Les musiciens se fondent dans l’histoire, à la recherche de ce délicat équilibre entre présence forte et discrétion. Soutenant ce documentaire ethnographique hors du commun, les instruments laissent place parfois à des passages musicaux plus expérimentaux où les artistes recourent à des objets insolites et l’utilisation d’effets spéciaux. Ils nous offrent ici une complicité musicale nourrie de leurs collaborations respectives avec le théâtre, la danse et le spectacle vivant.
Le compositeur a fait le choix d’une musique plurielle, où dominent couleurs impressionnistes, World-Jazz et passages plus abstraits.

Avec : Joan Melchior Claret – Composition, guitare, voix, effets spéciaux.
Et : Thomas Werner Koenig – Saxophone ténor, flûte, objets.
Ou : Pascal Thorel – Violon, objets.

Texte extrait du catalogue du Royal Anthropological Institute rédigé par James Woodburn:

Transhumance de printemps des éleveurs nomades Bakhtiari (sud-ouest de l’Iran). Des plaines du Kuzistan jusqu’à leurs quartiers d’été dans les montagnes de Zargos. Les réalisateurs étaient en route vers l’Inde quand ils furent bloqués au Kuzistan, en 1924, à cause de la situation politique agitée du sud de l’Iran. ils eurent la chance de rencontrer les Bakhtiari, dont ils ignoraient qu’ils étaient des éleveurs nomades migrant deux fois par an et représentaient également une puissante force politique iranienne. En dépit de leur naïveté, de leur ignorance et des conditions difficiles dans lesquelles se déroula le voyage, ils ont réalisé un documentaire remarquablement authentique et réaliste d’un style moderne, structuré non par la montagne, mais par les évènements eux-mêmes. Ils étaient si ignorants de ce qu’ils étaient en train de filmer, que la caméra ne pouvait mentir. Le film rend compte des moments les plus spectaculaires de cette transhumance de printemps qui dura 45 jours. Les épreuves subies par les nomades de la tribu Baba Ahmadi sont restituées de manière vivante, en particulier la périlleuse traversée de la rivière Karun et l’escalade du Zadeh Kuh (4576 m) enneigé, bien qu’en fait, les conditions, cette année-là étaient meilleures que d’habitude.